La mafia albanaise

La mafia albanaise ou, plus exactement, mafia albanophone, dont la sphère d’influence s’étend non seulement sur l’Albanie mais aussi sur la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et le Kosovo, a connu un essor considérable dans les années 1990 suite à l’effondrement du communisme et du chaos politique qui s’est ensuivi.

Mafia albanaise

Activités

Cette mafia pratique notamment le trafic de drogue, la région des Balkans étant non seulement une plaque tournante du trafic d’héroïne depuis l’Orient mais aussi un espace de production de cannabis et de drogues de synthèse : on estime à 2 milliards de dollars par an la valeur de la drogue transitant par l’Albanie vers l’Europe occidentale.

Elle compte aussi sur ses implantations dans presque toute l’Europe de l’ouest pour pratiquer le proxénétisme intensif : rien qu’à Londres, 70 % de l’industrie du sexe serait, selon la police britannique, aux mains des gangs albanais ; les jeunes femmes vendues en esclaves sexuelles sont régulièrement déplacées d’un pays à un autre afin d’éviter qu’elles ne nouent des complicités susceptibles de les aider à s’enfuir.

Les différents clans, extrêmement violents, peuvent aussi s’illustrer dans le trafic d’armes de cigarettes, de véhicules volés et dans les marchés public truqués.

Gang mafia albanaise

– Source : leshommesdelantimafia.wordpress.com –

Appuis politiques

Face à cette criminalité organisée, les jeunes et fragiles démocraties d’ex-Yougoslavie sont le plus souvent impuissantes : le principal atout de la mafia albanaise est en effet la complaisance voire la complicité des autorités publiques. Pendant les guerres balkaniques (1991-1995), les armées régulières serbe, croate et bosniaque ont couvert, faute de pouvoir les contrôler, les paramilitaires qui combattaient à leurs côtés et contribuaient largement à l’essor des différents trafics qui se développaient.

Paramilitaire mafia albanaise

Encore aujourd’hui, par le biais de la corruption, le crime organisé gangrène littéralement les structures étatiques des Balkans : de hauts fonctionnaires, des magistrats voire des ministres ont ouvertement soutenu les trafiquants de stupéfiants et facilité le blanchiment d’argent sale, les gangs permettant à des États en situation de pénurie de s’approvisionner en marchandises telles que des armes ou du pétrole.

Rien qu’au Kosovo, depuis la fin de la guerre, quinze clans se partagent le pays, prospérant sur les ruines laissées par l’Otan.

La petite « Colombie européenne »

La collusion entre mafieux et politiciens est telle que certains trafiquants n’hésitent pas à se lancer en politique ; à l’été 2004, des députés albanais issus de toutes les tendances politiques se sont opposés à l’adoption de lois visant à mettre sur pied des unités spéciales de la police destinées à lutter contre le crime organisé.

Les opérations anti-criminelles menées en Albanie, sous couvert de lutte contre la mafia locale, ne font souvent que rendre service à certains clans en éliminant leurs concurrents ; même les « rebelles » albanophones, sous prétexte de défense des populations albanophones menacées, ne mènent certaines de leurs émeutes ou offensives « militaires » que pour s’assurer le contrôle de la route des trafics de drogue. L’impunité et l’infiltration dans les rouages étatiques dont bénéficie la mafia albanaise vaut à la région d’être qualifiée par certains observateurs de petite « Colombie européenne ».

Alliés et rivaux

La mafia albanaise dispose d’alliés comme la Ndrangheta, la Camorra Mafia turque et la mafia corse. A l’inverse, elle se heurte à des rivaux de taille et notamment les clans de la Cosa Nostra, les Jamaïcains, les gangs de la Mara Salvatrucha(MS13), Los Viboras, ou encore les mafieux mexicains de Cartel de Juárez.

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