Yakuza : la mafia et les groupes criminels du Japon

Les yakuzas, forment l’organisation criminelle de la mafia japonaise. Un groupe violent d’environ 90 000 membres considéré comme l’une des plus grandes organisations mafieuses d’Asie et du monde.

Le mot « yakuza » apparaît pour la première fois, sous le shogunat des Tokugawa (1603 – 1867). Issu d’un jeu de carte, « yakuza » signifie « perdants », « bons à rien » et reflète à merveille les membres représentées à l’origine par cette mafia : des pauvres et les exclus de la société japonaise.

L’histoire de la mafia japonaise

L’origine de la mafia japonaise est encore floue et deux histoires s’opposent.

La première supposition indique que les yakuzas seraient les héritiers de deux clans : les Bakuto et les Tekiya. Les premiers étaient des joueurs professionnels qui travaillaient dans la ville et qui s’adonnaient aux activités lucratives des jeux de hasard, très en vogue à l’époque. Les Tekiya étaient considérés comme des colporteurs et des camelots qui travaillent sur les routes. Les membres de ces deux groupes mafieux avaient tous la même origine : des pays sans terre ou des voyous. Une fois constitués les groupes s’octroyaient un territoire fixe et délimité. Un groupe pouvait alors compter jusqu’à 500 soldats. L’un des bandits les plus célèbres de l’époque moderne était appelé bakuto Shimizu No Jirocho. Certaines traditions encore en place chez les yakuzas sont issus de ces deux groupes criminelles, notamment la tradition du yubitsume (doigt coupé) et de l’irezumi (tatouage japonais)

De leur côté, les Yakuzas défendent l’hypothèse de la descendance des Machi-Yokko signifiant « les serviteurs de la ville ». Après la démilitarisation de 1603, de nombreux samouraïs se sont retrouvés seuls, démobilisés, sans maître et en rupture avec la société. L’histoire raconte que les samouraïs se sont alors tournés vers le banditisme pour subvenir à leurs besoins, mais pas que… Les kabukis firent sonner la terreur au sein des villages en semant le désordre, voire même en tuant des citoyens pour le plaisir. Certains groupes, terriblement bien organisés, se prénommaient eux-mêmes, les Hatamoto-yakko (les domestiques du Shogun15).

Une organisation familiale

Les Yakuzas s’organisent en familles « Ikka ». La hiérarchie de ces organisations reste à l’image de celle du pays, c’est-à-dire une hiérarchie pyramidale traditionnelle en familles. Tout d’abord, un chef également appelé le parrain dans la mafia sicilienne. Un titre transmis de père en fils généralement, mais qui peut aussi être transmis à une personne de confiance.

L’ensemble de la famille se base sur le rapport avec ce chef Oyabun en lui promettant fidélité et obéissance. Chaque enfant membre pourra devenir parrain à son tour pour agrandir l’organisation, mais restera sous la tutelle de son Oyabun. Puis vient le Saiko-komo, le plus proche conseiller du chef qui s’occupe de l’état-major. Sous les ordres directs se trouve Wakagashira qui est le numéro 2 de la famille puisque le Shateigashira est plus faible dans son autorité et ne représente que le lien entre le Wakaghira et les enfants.

Organisation Yakuza

Comment se distingue les yakuzas ?

Autrefois, lors de la création de la mafia, les Yakuzas devaient suivre la voie chevaleresque. C’était un code d’honneur composé des 9 règles suivantes :

  • Tu n’offenseras pas les bons citoyens
  • Tu ne prendras pas la femme du voisin
  • Tu ne voleras pas l’organisation
  • Tu ne te drogueras pas
  • Tu devras obéissance et respect à ton supérieur
  • Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison pour lui
  • Tu ne devras parler du groupe à quiconque
  • En prison, tu ne diras rien
  • Il n’est pas permis de tuer un Katagari

Cependant, la plupart de ces règles ne sont plus appliquées à ce jour.

Outre les valeurs morales, les yakuzas ont des rituels bien connus du grand public comme le rituel du doigt coupé (le Yubitsume). Lorsqu’un Yakuza fait une erreur ou bien un acte qui ne plaît pas à son Père Oyabun, alors celui-ci en guise de paiement doit se couper une phalange. Si un yakuza enfreint le code d’honneur, ce dernier pour se faire pardonner, doit se couper le petit doigt.. Si la faute est plus grave encore, les Yakuzas sont obligés de s’ouvrir le ventre.

Enfin les yakuzas se reconnaissent surtout par leurs tatouages. Au départ, les autorités tatouaient les Japonais à chaque crime commis. Depuis, pour les yakuzas, les tatouages sont un signe d’honneur ainsi qu’un rite initiatique. Ces tatouages traditionnels sont réalisés à la main avec un bambou et non avec une machine électrique, représentant ainsi leur vie de souffrance. Ces tatouages sont notamment reconnaissables grâce à leurs multiples couleurs.

Yakuza Tatouage

Les deux grandes familles de la mafia japonaise

Aujourd’hui, la plus grande famille des Yakuzas n’est autre que le Yamaguchi-Gumi dont le siège se situe à Kobe. L’ensemble des membres représente plus de 40% des Yakuzas pour un total de près de 40 000 membres. L’actuel Oyabun est Shinobu Tsukasa. Il est incarcéré depuis plusieurs années pour possession d’armes, mais continue de diriger cette grande famille depuis la prison. Les yakuzas ont toujours gardé de bonnes relations avec la police et les politiciens jusqu’en 2008 lors de l’assassinat du maire de Nagasaki en pleine campagne électorale par un des hauts dirigeants de Yamaguchi-Gumi.

Shinobu Tsukasa

Shinobu Tsukasa

Le Sumiyoshi-rengō ou Sumiyoshi-kai est la seconde plus grande famille des yakuzas basée, elle, à Tokyo. Elle compte près de 10 000 membres répartis en 177 clans et le parrain de cette famille est Shigeo Nishiguchi. Son organisation est spécifique puisqu’elle fonctionne en chaîne de commandement avec un pouvoir partagé entre plusieurs personnes. Son rival principal est le Yamaguchi-gumi.

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