French Connection ou les globettroters d’héroïne #2

Tribunal de Marseille

[…] Dans les années 1930 à 1970, à Marseille et dans d’autres grandes villes françaises, s’établit un groupuscule pour faire passer de la drogue entre la France et les Etats-Unis, la « filière française » ou encore « Corsican Connection » est né […]

Relire la partie 1 : French Connection ou les globettroters d’héroïne #1

Encaissement des bénéfices

Genève et la French Connection

Edouard Rimbaud était avant tout un vendeur, mais il s’occupait aussi d’encaisser les bénéfices des ventes de ce produit hautement accoutumant et délétère. Sous la direction de Jean-Baptiste Croce et Joseph Mari, Edouard Rimbaud se rendait dans une banque suisse à Genève, retournait chez lui à Salon-de-Provence.

Filature ou attrape-moi si tu peux

Depuis que le président Ronald Reagan a déclaré la guerre à la drogue, le président Georges Pompidou demanda à son ministre de l’intérieur d’accélérer l’enquête sur la French Connection. Plusieurs policiers parisiens sont dépêchés à Marseille. Enquête, investigation, filature et autre cache-cache commencèrent. Henri Malvezzi lorsqu’il était en déplacement, les remarquait, du coup il les promenait. Cependant, les autres membres de la French Connection étaient moins optimistes et joviaux que notre chimiste. L’arrivée des policiers parisiens a été vite remarquée, de ce fait les méthodes de communication ont changé, ils sortaient moins, se voyaient moins et communiquaient moins, mais n’en arrêtaient pas moins leur production. Le jeu du chat et la souris commencent alors.

La boulette des douaniers

29 février 1972, les douaniers arraisonnent un thonier qu’ils ramènent dans la cité phocéenne. Dans le bateau 425 kg d’héroïne ! Certes cette prise est fabuleuse, mais en arborant leur réussite dans le port de Marseille, les douaniers renvoient un message de vigilance à l’égard des contrebandiers. « On est à votre recherche et nous ne vacillerons pas » pouvaient interpréter les malfrats. Certains ont dû prendre cet acte au pied de la lettre et quitter leurs fonctions malfaisantes ou d’autres de persévérer et d’avancer de façon de plus en plus masquée.

La piste et le début de la fin

Joseph Césari, autre chimiste important de la French ConnectionMars 1972, grâce à un renseignement d’un des collègues de la brigade des stupéfiants, les officiers Clément Lafont et Thibault Jacques prennent en filature une voiture, bien qu’ils en aient perdu la trace, pugnace, ils arrivent à la trouver dans le jardin d’une grande maison isolée. Cette grande maison n’était autre que le laboratoire du corse Joseph Césari, autre chimiste important de la French Connection. Hélas pour les policiers, Joseph Césari a préféré se suicidé emportant avec lui le nom de ses clients.

Edouard Rimbaud, en pleine livraison est arrêté, les policiers récupèrent et examinent les boîtes de paëlla. A l’intérieur bien évidemment de l’héroïne. Il est condamné à 30 ans de réclusion et écrit ses mémoires en prison. Edmond Taillet, l’humoriste ne fait plus rire personne. Il est aussi arrêté et collabore avec la police américaine et révèle le maximum d’information qu’il a.

Les révélations outre-Atlantique ont des répercussions à Marseille, et même ceux qui avaient arrêté toute activité avec la French Connection comme Henri Malvezzi, se sont fait arrêter.

Tribunal de Marseille

Juin 1974 Marseille va vivre l’un des procès les plus retentissants de la French Connection. Plus de 30 personnes détenues ou en fuite sont impliquées. Bien évidemment, les « balances » américaines ne reviendront pas à Marseille, car ils pourraient y laisser leur vie. En l’espace de 3 ans plus de 500 trafiquants ont été appréhendés. La French Connection n’est plus qu’un vague souvenir, et d’autres pays prendront le relais pour alimenter d’autres mafias (Colombie, Inde, Brésil…).

Source image : ©PHOTOPQR / NICE MATIN / FRANCK FERNANDES

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